
Le Battant est le dernier site industriel dans le centre de Charmes.
Henriette Méline dans son livre Le Charme(s) de nos rues nous en fait une historique :
Les ateliers du Battant se situent à l’extrémité de la rue du Moulin en bordure du canal dont il utilise l’eau. Le site a abrité durant les siècles passés des activités diverses :
- Battant ou foulon pour les drapiers en 1580. Nombreux, on en comptait 20. A l’époque, ils donnaient leurs draps à fouler avant de les travailler. Le foulage est l’opération qui consiste à resserrer et enchevêtrer les fibres de la laine et à donner ainsi de l’épaisseur, de la force et du moelleux au tissu. C’est la définition du dictionnaire. Les foulons ou battants faisaient une grande consommation d’eau, d’où la nécessité de les établir près d’un point d’eau.
- Battant à écorce pour les tanneurs à partir de 1736.
- Usine à plâtre en en 1807. le gypse venait des carrières de Gripport.
- Huilerie à la même époque.
- Blanchisserie avec chaudière d’airain et atelier mécanique de 1806 à 1973. Il est resté en l’état depuis cette date.
- Usine d’électricité de 1894 jusqu’à la deuxième guerre mondiale.
- Scierie de 1873 à 1997.
La suite par Roger Clément vice-président et co-fondateur de l’Association pour l’animation du Battant créé en 2002.
En 1860, Philibert Dazey est venu de Bourgogne avec son passeport (obligation à l’époque pour changer de région) pour prendre la gestion du domaine de Mozelly. En 1864, il crée un atelier de mécanique. Avec ce dernier, il lance la fabrication de la vis à pas carré pour des presses à cintrer les rails de chemin de fer ou celles des mines plus petites. Cet atelier va aussi fabriquer des crics et vérins qui vont faire la réputation du Battant. La marine, les chemins de fer, la poste deviennent les clients de cet atelier. Ce dernier fonctionnera jusqu’en 1970. En 1914, l’armée emprunte deux tours pour tourner des roues de wagon à Lunéville. Ils reviendront au Battant.
Le Battant a trois entités différentes qui en fait la seule usine de ce genre dans un très grand rayon autour de Charmes.
Premier atelier de 1864 à 1970 : atelier mécanique (filetage). Ce dernier est toujours en état de marche.





Deuxième atelier : une scierie de 1876 à 1997. A l’origine, elle fonctionnait avec un haut fer. Ce dernier fut remplacé par une scie alternative verticale et une autre horizontale. Elles fonctionnent encore ponctuellement pour des visites de groupes. Les scies alternatives font des coupes à la limite de la perfection.


Troisième atelier : Une centrale électrique à la force de l’eau (génératrice). Elle sera active de 1894 à 1914 pour l’éclairage de Charmes qui sera ainsi le deuxième village de France à être alimenté en 110 volts continu fourni par un particulier et d’origine hydraulique. Le premier est un village de Savoie. La centrale du Battant a fonctionné jusqu’en 1986.






Paul Dazey, fils de Philibert Dazey, après un passage obligé à l’école Loritz de Nancy pour entrer aux Arts et Métiers de Châlons, reprend la suite. Il invente un chariot pour des brancards qui va être utilisé en 1914 et la machine à laver LA Française en 1903. Il ne cessa de valoriser le Battant.

L’Association pour l’animation du Battant est créée en septembre 2002 avec une équipe de bénévoles motivés qui en assure depuis l’entretien afin de maintenir ce patrimoine remarquable en parfait état.

Désormais, la commune en a fait l’acquisition et veut en faire un écomusée officiel avec mises aux normes ERP.
Ce document est un condensé de l’histoire du Battant. La visite du site dure une heure trente et quelquefois jusqu’à deux heures trente si les visiteurs posent des questions, surtout si elles sont techniques.
En complément :
Depuis l’antiquité l’homme a cherché à utiliser l’énergie des cours d’eau. La roue à aubes a longtemps été la réponse principalement pour moudre les grains dans les moulins.
L’industrie naissante à Charmes a cherché elle aussi à utiliser cette source qui produit une énergie mécanique à partir de l’eau en mouvement en mettant en place un système à poulies et courroies raccordées aux machines .
En 1832 Benoît Fourneyron invente la turbine hydraulique totalement immergée qui fournit un rendement bien supérieur à la roue à aubes.
En 1882 à Lancey (Isère) Aristide Bergès adjoint une dynamo à une turbine hydraulique pour produire de l’électricité. Il est le fondateur de l’hydroélectricité en France.
Ce dispositif sera installé au battant un peu avant 1900 pour alimenter les premières machines fonctionnant à l’électricité.
Ce type de centrale dite « au fil de l’eau » va aussi alimenter en électricité l’éclairage public d’une partie de la ville.
Pour plus d’informations :
Un DVD : Et si vous nous laissiez-vous conter L’Histoire du Battant (en vente sur le site).
Un livre : Le Battant d’Henriette Méline. Editions Gérard Louis.
Des liens :
https://ecomuseedubattant.jimdofree.com/
